Bigorexie et culturisme : les dérives du sport

L’activité physique est très bénéfique pour l’homme. Avec la régularité d’une pratique sportive, diverses hormones sont sécrétées et contribuent au bien-être mental d’un individu. De même, le renforcement musculaire permet de maintenir la forme et de se maintenir en bonne santé. Malheureusement, le désir d’un corps parfait peut devenir une obsession pour débutant comme pour professionnel à un point où il tend à monopoliser la vie : on parle alors de bigorexie.

Un désir insatiable d’avoir un corps parfait

Encore appelée anorexie inversée, la bigorexie est une addiction, une maladie caractérisée par un besoin irrépressible et intense de pratiquer une ou plusieurs activités physiques. Elle constitue une également une forme particulière de dysmorphie liée à un défaut réel ou imaginé.

désir insatiable d’avoir un corps parfait

Chez les culturistes, il est évident que cette préoccupation irrationnelle concerne la taille et le développement des muscles. La personne atteinte se « voit trop petite » et souhaite accroître continuellement sa masse musculaire pour atteindre son objectif, son idéal. En conséquence, sa vie s’organise principalement autour de ses entraînements qui passent avant tout le reste : vie privée, travail, famille, loisirs, etc. Dans ce cadre très spécial, les dérives et abus sont monnaie courante, et ainsi les bodybuilders n’hésitent pas à utiliser un brûleur de graisse pour homme puissant pour perdre des kilos invisibles ou encore plus délétère pour la santé : les stéroïdes pour augmenter leur masse musculaire.

Si la bigorexie est encore peu connue, elle constitue un problème reconnu comme maladie en 2011 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cela dit, cette pathologie avait déjà été identifiée en 1993 par le Dr Harrison Pope, psychiatre de l’institut national américain pour l’information. Selon son étude, les personnes atteintes se voient généralement petites ou maigres, alors qu’elles possèdent une forme normale ou des muscles exceptionnels.

Maladie ou mode de vie

homme qui fait de la musculation

À la base, la pratique d’une activité physique procure beaucoup de plaisir. Si pour certaines personnes, elle vise simplement à améliorer la santé et contribue au bien-être, elle constitue une véritable passion pour d’autres qui estiment ne pas pouvoir s’en passer. En général, les personnes atteintes de bigorexie considèrent la pratique excessive du sport comme un choix, un mode de vie. C’est une activité qu’elles doivent pratiquer au quotidien et suivant un certain rythme pour se sentir à l’aise.

Pourtant, cette addiction dépasse la simple passion pour le sport ou le besoin de se surpasser. Selon un rapport du Dr Velea, psychiatre et addictologue, la bigorexie se manifeste par une nécessité de pratiquer le sport sans relâche, de contrôler son image dans le regard des autres et dans la miroir. Ainsi, une personne bigorexique accorde une très grande importance à son physique au point de ne pas pouvoir apprécier ses propres progrès.

Il ne s’agit pas donc d’une simple addiction pour la musculation, mais d’un véritable trouble qui provoque un sentiment constant d’insatisfaction et un manque d’estime de soi. Les personnes atteintes trouvent donc refuge dans le sport qu’elles considèrent comme remède et thérapie. L’activité physique occupe alors le premier plan dans leur vie, à un point où ils ne peuvent passer quelques jours sans s’entrainer. Cela étant, l’anorexie inversée se caractérise par :

  • l’organisation de la vie privée et professionnelle autour du sport ;
  • la poursuite des entrainements malgré des blessures ou une maladie ;
  • un sentiment de culpabilité après une séance d’entrainement manquée ;
  • un sentiment de diminution de masse musculaire après une journée sans activité physique ;
  • une disponibilité à tout abandonner pour le sport ;
  • l’éloignement de la famille et des amis.

Rien ne peut donc empêcher un bigorexique d’aller en salle pour ses entrainements de musculation. Même en cas de maladie ou de blessures, la personne atteinte ne conçoit pas la nécessité de se reposer. Le programme reste le même : il lui suffit de prendre des stimulants et des médicaments contre la douleur, de se regarder dans le miroir et la motivation revient.

Une obsession nuisible et chère

culturisme

Le besoin constant de faire du sport pour atteindre un idéal physique n’est pas sans frais. En effet, de nombreuses personnes choisissent de faire des cures de stéroïdes pour pouvoir suivre le rythme. Malheureusement, en dehors de son coût assez élevé, ce type de traitement empêche l’organisme de sécréter sa propre hormone. En conséquence, il devient impossible pour le culturiste bigorexique de procréer sur le long terme. Outre les traitements à la testostérone, le sportif doit également suivre des cures d’hormones de croissance qui lui demandent de dépenser plus. Ces différentes injections sont associées à des compléments alimentaires qui valent également leurs prix. Au bout de trois mois, une personne atteinte d’anorexie inversée se retrouve donc à débourser plus de 1000 euros pour ses injections et ses médicaments.

Au-delà des dépenses engendrées, l’obsession pour la musculation et la dépendance au sport sont très contraignantes pour le corps. Elles poussent l’organisme au-delà de ses limites et peuvent donc être à l’origine de problèmes physiques très graves. Elles créent également un sentiment constant d’insatisfaction alors que le malade a tendance à se réfugier dans ses activités physiques pour se réconforter et éviter les autres difficultés dans sa vie.

Si aujourd’hui certains adeptes reconnaissent être accros au sport, la majorité des personnes atteintes de bigorexie vit dans le déni. Par contre, celles-ci qui s’en rendent compte estiment qu’il s’agit d’une « obsession positive » et qu’il est préférable de muscler son corps que de fuser ou de consommer de la drogue ou de l’alcool. De fait, elles ne trouvent pas nécessaire de se tourner vers un spécialiste. Pourtant, il est important de se reconnaître souffrant et d’accepter l’aide d’un psychiatre pour s’en sortir.

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