Une nouvelle étude révèle les effets du café sur le cœur, le sommeil et l’activité physique

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Une étude intéressante sur la consommation de café a été menée par des chercheurs de l’université de Californie. Les chercheurs sont parvenus à plusieurs conclusions intéressantes. Selon les chercheurs, il s’agit de la première étude randomisée visant à suivre les conséquences physiologiques de la consommation de café sur le corps humain en collectant des données à l’aide de dispositifs en temps réel.
Les chercheurs ont utilisé les données recueillies à partir d’électrocardiogrammes pour mesurer la fréquence cardiaque, de dispositifs portés au poignet pour mesurer les niveaux d’activité physique et les habitudes de sommeil, et d’autres dispositifs pour surveiller la glycémie.
Cette nouvelle étude a été présentée hier lors de la conférence 2021 de l’American Heart Association.

Collecte des données

Les chercheurs ont mené une expérience avec ces appareils sur 100 adultes d’un âge moyen de 38 ans. Parmi ceux-ci, 51% étaient des femmes. Les chercheurs ont également effectué des analyses d’ADN sur des échantillons de salive des participants afin de comprendre comment la génétique peut entrer en jeu.
Les participants devaient consommer ou non du café pendant les deux semaines de l’expérience. Les données relatives aux effets de la consommation de café sur le cœur, le sommeil et l’activité physique, ainsi que sur la glycémie, ont été recueillies en temps réel pour être analysées.

Les effets du café sur le cœur

Les chercheurs ont conclu que les buveurs de café voyaient une augmentation moyenne de 50 % des contractions ventriculaires prématurées. Comme l’explique le communiqué de l’American Heart Association annonçant l’étude, il s’agit d’un rythme cardiaque anormal qui prend naissance dans les cavités cardiaques inférieures.
En outre, les personnes qui buvaient plus de café pouvaient être associées à un plus petit nombre d’événements de tachycardie supraventriculaire. Ce dernier est un état dans lequel le rythme cardiaque est plus rapide que la normale.

Autres effets du café sur l’organisme

Lors de l’analyse des données recueillies, les chercheurs ont toutefois découvert d’autres effets sur l’organisme des sujets, notamment sur leur niveau d’activité physique et la quantité de sommeil quotidien.

  • Les participants qui consommaient du café étaient liés à un nombre de pas plus élevé que ceux qui n’en consommaient pas (en moyenne environ 1000 pas de plus par jour).
  • Les jours où les sujets buvaient du café, ils dormaient en moyenne 36 minutes de moins que les non-buveurs de café.
  • Boire plus d’un café par jour doublait le nombre de battements cardiaques irréguliers.
  • Chaque tasse de café supplémentaire consommée dans la journée pourrait être liée en moyenne à environ 600 pas supplémentaires par jour, mais aussi à 18 minutes de sommeil en moins.
  • Aucune différence de glycémie n’a été constatée entre les buveurs de café et les non-buveurs de café.

Selon Gregory Marcus, cardiologue et professeur à l’université de Californie à San Francisco, l’augmentation de l’activité physique liée au café peut être considérée en soi comme une chose positive. Cependant, la réduction de la quantité de sommeil peut au contraire être liée à des aspects négatifs tels que des résultats psychiatriques moins bons ainsi que des résultats cardiovasculaires et neurologiques négatifs.
« Des battements anormaux plus fréquents provenant des chambres cardiaques supérieures influencent le risque de fibrillation auriculaire et des battements anormaux plus fréquents provenant des chambres inférieures, ou ventricules, augmentent le risque d’insuffisance cardiaque », explique le chercheur. Il admet toutefois que la relation entre le café et la santé humaine est assez complexe.

Le rôle de la génétique

Les mêmes chercheurs soulignent qu’il existe également des variantes génétiques qui peuvent être liées à un métabolisme plus lent ou plus rapide de la caféine.
Par exemple, les sujets présentant des variantes génétiques liées à un métabolisme plus rapide de la caféine présentaient davantage de battements cardiaques ventriculaires anormaux lorsqu’ils consommaient davantage de café. En revanche, les personnes qui métabolisent la caféine plus lentement présentent une plus grande perte de sommeil.

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Jean-Pierre
Médecin généraliste à la retraite après 32 ans d'exercice, je suis aussi passionné par l'évolution des outils technologiques comme internet. Ayant beaucoup plus de temps libre, j'ai lancé ce site internet afin de coupler mes deux passions : la médecine et les outils technologiques. Mon seul objectif est de partager mes connaissances au plus grands nombres et offrir un support ouvert à tous afin de partager les dernières actualités et innovations liées à la santé.