Aliments transformés, l’effet des oméga-3 découvert par les scientifiques

Des chercheurs de l’université d’État de l’Ohio ont mené des expériences intéressantes et sont parvenus à une conclusion particulière concernant les aliments ultra-transformés : les oméga-3, des acides gras polyinsaturés que l’on trouve notamment dans le poisson ainsi que dans certains produits végétaux, semblent être utiles pour prévenir les problèmes de mémoire et réduire les effets inflammatoires causés par les aliments ultra-transformés chez les souris âgées. L’étude a été publiée dans la revue Brain, Behavior and Immunity.

L’expérience avec les souris

Les chercheurs ont mené des expériences sur des souris âgées de 3 à 24 mois, en les répartissant dans différents groupes : un groupe a été autorisé à poursuivre son régime traditionnel, 54 % de son alimentation étant constituée de glucides complexes à base de blé, un autre devait poursuivre un régime hautement transformé (avec des glucides plus raffinés tels que l’amidon de maïs, la maltodextrine et le saccharose) et un troisième groupe devait poursuivre le même régime hautement transformé mais complété par de l’acide docosahexaénoïque (DHA). Ce dernier est un acide gras oméga-3 que l’on trouve principalement dans les poissons et autres animaux marins que l’on retrouve habituellement sur nos tables.

Découvertes

Les chercheurs ont constaté un niveau plus élevé d’activation des gènes liés à une puissante protéine pro-inflammatoire ainsi que d’autres marqueurs d’inflammation dans l’hippocampe et l’amygdale des souris, en particulier les plus âgées, du deuxième groupe, celles soumises au régime alimentaire ultra-transformé sans DHA, par rapport aux souris du troisième groupe, celles soumises au régime alimentaire ultra-transformé avec supplémentation en DHA.

Plus de problèmes de mémoire avec les aliments transformés sans oméga-3

Les rats plus âgés soumis au régime alimentaire transformé sans DHA ont également présenté des pertes de mémoire plus importantes lors des tests comportementaux. En particulier, ils ont semblé oublier qu’ils avaient passé du temps dans un espace qu’ils ne connaissaient pas auparavant, et ce en l’espace de quelques jours.
Ce sont des signes, selon les chercheurs, de problèmes de mémoire contextuelle dans l’hippocampe. En outre, ils ne présentaient pas de comportement permettant de détecter une peur anticipée du danger, ce qui révèle des problèmes au niveau de l’amygdale.

Supplémentation avec le composé oméga-3

Les chercheurs ont finalement découvert que l’ajout de ce composé oméga-3 au régime alimentaire des rats âgés permettait de prévenir la réponse inflammatoire dans le cerveau et d’autres signes de perte de mémoire au niveau comportemental. La supplémentation en DHA elle-même ne semble pas non plus avoir d’effet sur la prise de poids liée aux aliments ultra-transformés.
Selon Ruth Barrientos, chercheuse à l’Institut de recherche en médecine comportementale de l’Université d’État de l’Ohio et auteur principal de l’étude, elle explique qu’il s’agit de résultats qui ne doivent pas indiquer que les effets d’un régime alimentaire basé sur des aliments hautement transformés peuvent être évités simplement en prenant des oméga-3. Ces effets ne peuvent être efficacement prévenus qu’en améliorant le régime alimentaire.

L’incompréhension des régimes hypolipidiques hautement transformés

Selon le chercheur, les régimes ultra-transformés sont souvent présentés comme des régimes pauvres en graisses, mais ils sont basés sur des aliments ultra-transformés, contiennent peu de fibres et sont caractérisés par des glucides raffinés, également appelés « glucides de mauvaise qualité ». Par conséquent, selon le chercheur, il ne faut pas seulement regarder les informations nutritionnelles d’un aliment mais aussi la qualité de ses glucides et la présence de fibres.

Réduire les aliments transformés et compléter l’alimentation par des oméga-3.

Selon le même chercheur, ces résultats suggèrent que les aliments hautement transformés peuvent avoir un effet négatif sur la mémoire de la population vieillissante. On pourrait y parvenir non seulement en diminuant la part des aliments transformés dans l’alimentation, mais aussi en complétant celle-ci par des aliments riches en acides gras oméga-3 afin de ralentir le déclin de la mémoire et donc les maladies neurodégénératives liées à l’âge telles que la maladie d’Alzheimer.

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